De la science-fiction à la réalité

En 1949, Orwell songeait déjà à la ville intelligente dans son célèbre roman « 1984 ». Le sujet n’a cessé de passionner les auteurs de science-fiction depuis le siècle dernier et beaucoup se sont demandés, à travers de nombreux livres et films, à quoi ressemblerait la ville de demain. Au début des années 2000, le film « Minority Report » entrait dans le vif du sujet en nous présentant un univers futuriste dans la ville de Washington en l’an 2054. Plus récemment, le jeu-vidéo « Watch Dogs » prenait place dans un Chicago ultra-connecté, pris pour cible par des hackers. Tous ces exemples nous montrent que les villes intelligentes ont une place importante dans notre culture depuis des années et nous assistons aujourd’hui à une accélération de leur développement.

 

De multiples problématiques

Les prévisions de l’ONU indiquent que nous pourrions atteindre les 11 milliards d’habitants sur terre d’ici la fin du siècle, à ce rebond démographique s’ajoute une urbanisation croissante de la population. Cette concentration d’individus de plus en plus forte soumet les villes à de nombreuses difficultés de taille : raréfaction des ressources, augmentation de la pollution, ghettoïsation des populations, etc… Les problématiques sont donc principalement humaines et environnementales et nécessitent une rapide remise en question de la part des collectivités afin d’y répondre de manière efficace et durable. Il s’agit dès aujourd’hui d’optimiser nos modes de vies urbains afin de préserver l’environnement pour les générations futures.

 

Repenser nos villes

Le rôle des smart-cities consiste à apporter des solutions à toutes ces problématiques grâce aux nombreux leviers technologiques et numériques à disposition. Les réponses apportées vont s’articuler autour de plusieurs axes. La ville intelligente doit favoriser les flux d’informations entre les différents services pour améliorer la coordination, être réactive face aux événements imprévus et permettre d’optimiser les investissements. En résumé, gagner en efficacité. Elle doit également être durable, mieux utiliser les ressources naturelles, gérer les déchets, réduire la consommation d’énergie et contrôler les différents facteurs de pollution afin de limiter l’impact environnemental. Enfin, les smart-cities doivent améliorer le confort de vie des habitants : optimiser la circulation et les moyens de transport, proposer des services innovants, faciliter l’accès à l’habitat et réduire les inégalités sociales.

 

Une nouvelle ère

Au-delà des enjeux cités précédemment, les smart-cities vont également mettre le citoyen au centre d’un écosystème digital aux innombrables possibilités. La ville de Los Angeles a récemment testé une application mobile permettant aux usagers de trouver une place de parking libre grâce à la géolocalisation, ce genre d’expérience pourrait devenir une simple banalité au sein des smart-cities. La mise en place d’un éclairage intelligent grâce à des capteurs qui pourront contrôler la luminosité en fonction des moments de la journée et de la présence ou non d’activité devrait permettre d’importantes économies d’énergie. Les objets connectés devraient massivement équiper les logements de demain : serrures digitales, capteurs sensoriels et bracelets connectées accompagneront notre vie quotidienne.

 

Le rôle important des start-ups

Il est évident que le gigantesque défi que représente les smart-cities ne sera pas relevé sans de solides prestataires dans une multitudes de secteurs. C’est ainsi que de grands groupes comme Vinci ou encore Cisco sont pleinement engagés dans la mise en place de services et infrastructures permettant d’apporter des solutions concrètes aux problématiques soulevées par les villes. Pour une meilleure efficacité, ces géants devront associer leur savoir-faire au fort potentiel d’innovation des start-ups. Dans le but de stimuler ce genre de partenariats, NUMA a ainsi organisé le concours « Data City » en collaboration avec la ville de Paris : le but était d’organiser des duos composés d’une grande entreprise et d’une jeune start-up afin de tester des innovations répondant aux problématiques urbaines. A titre d’exemple, la société immobilière Nexity s’est associée à la start-up OpenEnergy afin de travailler ensemble sur une solution de mutualisation de l’énergie. Suite au succès de l’expérience, l’évènement Data City sera élargi à plusieurs autres villes françaises ainsi qu’à l’international. Un projet prometteur pour le développement des smart-cities.

 

Anticiper les risques

Si le concept de ville intelligente nous laisse rêveur, il ne faut pas négliger les risques qu’il comporte. Le développement de tels systèmes ne se fera pas sans une collecte massive de données. Nous connaissons les difficultés posées par le big-data au sujet la protection des données et de la vie privée des utilisateurs, elles risquent de se multiplier avec la montée en puissance des smart-cities. A cela s’ajoute les tentatives de piratage : sur des systèmes coordonnant autant de services et centralisant une multitude d’informations, une attaque pourrait causer de graves préjudices. La cyber-sécurité doit donc être pensée en amont de toute stratégie afin d’aborder sereinement le développement des villes de demain.