Un succès planétaire immédiat

Avec 50 millions de téléchargement en à peine un mois, Pokémon GO est le phénomène digital de l’année 2016 : jamais une application mobile n’avait provoqué un tel engouement en si peu de temps.

Edité par Niantic, ex-filiale de Google, le jeu génère près de 2 millions de dollars par jour à travers le monde et monopolise l’actualité depuis plusieurs semaines. L’expérience mêlant réalité augmentée et géolocalisation a déjà séduit des millions de joueurs aux profils très diversifiés grâce à un concept accessible à tous et terriblement addictif, et le phénomène semble pour le moment loin de s’essouffler.

Un outil de communication pour les marques 

Certaines entreprises ont rapidement compris l’opportunité que représentait Pokémon GO dans leur stratégie de communication, notamment sur les réseaux sociaux où le jeu a généré un nombre de conversations record. A titre d’exemple, sur Twitter le hashtag #PokémonGO a été utilisé 12 millions de fois en seulement 2 semaines.

Ainsi, des marques comme Amazon, Orange ou encore Audi se sont appropriés le phénomène en intégrant une référence à l’application dans certaines de leurs publications.

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Mais le phénomène ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux. Certaines marques commencent à intégrer le jeu à leur stratégie marketing, c’est notamment le cas du site marchand Les 3 Suisses qui a récemment mise en place via son application mobile, une expérience interactive inspirée du jeu afin « d’attraper » des bons d’achats et de participer à un tirage sort permettant de remporter de nombreux lots.

 

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Le drive-to-store, un modèle économique prometteur

Le drive-to-store est une stratégie marketing née ces dernières années de l’avènement du digital. Elle vise à attirer les consommateurs vers des points de ventes physiques à l’aide d’Internet et des technologies mobiles. L’avantage de ce modèle réside principalement dans le fait qu’il brise les frontières entre le virtuel et le réel, puisque les utilisateurs connectés vont se rendre directement dans les magasins. Dans ce cas précis, le web n’apparaît donc plus comme une menace mais plutôt comme une opportunité pour le commerce physique.

Exemple avec la très populaire application GPS Waze rachetée par Google en 2013, qui a déjà expérimenté ce procédé dans de nombreux pays dont la France. Il suffit que vous soyez arrêté à un feu rouge ou coincé dans les bouchons pour qu’une publicité s’affiche sur votre écran. En fonction de votre localisation, le message publicitaire va promouvoir une enseigne à proximité de votre position et si vous le souhaitez, ajouter une étape à votre itinéraire afin de vous y arrêter.

 

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Niantic a tout compris

Une des fonctionnalités de Pokémon GO consiste à guider le joueur vers des « Pokéstops », endroits bien spécifiques sur la carte permettant de récolter des objets pour progresser dans le jeu. Actuellement, ces points d’intérêts sont localisés sur des bâtiments publics, des monuments ou encore des parcs.

Si les achats intégrés représentent pour le moment la principale source de bénéfice de l’application, Niantic a une toute autre idée en tête : mettre en place une stratégie drive-to-store en monétisant sa large audience auprès des annonceurs. Le but étant de commercialiser des Pokéstops afin de les positionner sur des lieux de ventes physiques et ainsi, attirer les joueurs se trouvant à proximité.

D’après de nombreuses sources, McDonald’s aurait déjà passé un accord avec l’éditeur du jeu pour placer des Pokéstops sur les lieux de ses restaurants au Japon.

 

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Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la réalité augmentée

Si le domaine de la réalité augmentée stagne depuis plusieurs années malgré de nombreuses innovations, il semblerait que Pokémon GO ait définitivement fait décoller cette technologie jusqu’à présent délaissée par le grand public.

C’est donc la première application de ce type à rencontrer un succès mondial et nul doute que son modèle économique prometteur risque d’ouvrir grand les portes d’un nouveau mode de consommation dans lequel réel et virtuel ne font plus qu’un.