Les prémices du crowdfunding

Ces dernières années, le crowdfunding a été popularisé par l’arrivée de plateformes de financement participatif telles que Kickstarter ou KissKissBankBank, fortes d’un succès retentissant sur le web. Pourtant ce modèle existait bien avant la création d’Internet : un exemple historique de crowdfunding prend place il y’a plus d’un siècle au sein même de notre pays. Tout le monde connaît la Statue de la Liberté, l’un des emblèmes de la ville de New York. Cette œuvre, initiative de l’homme politique Edouard De Laboulaye, est le fruit d’une campagne de financement participatif auprès du peuple français. Le projet aura rassemblé près de 120 000 contributeurs sur près de 10 ans : l’une des premières réussites dans l’histoire du crowdfunding.

 

Un mode de financement porté par le media digital

Si le crowdfunding ne date pas d’hier, il a connu un nouveau souffle ces dernières années grâce au web et aux réseaux sociaux qui l’ont replacé sur le devant de la scène. L’engouement pour ce mode de financement ne cesse d’augmenter : en 2015, les plateformes spécialisées ont ainsi récolté 296,8 millions d’euros de la part de 2,3 millions de contributeurs (baromètre Compinnov). La première expérience concrète de financement participatif sur Internet remonte à 2003 avec le lancement d’ArtistShare : une plateforme permettant aux internautes de financer les projets d’artistes musicaux, apportant ainsi une alternative inédite aux labels de l’industrie du disque. Le site a connu un véritable succès et a permis à certains de ses artistes de connaître une notoriété aussi importante que s’ils avaient été financés par une structure classique. Depuis, les plateformes de financement participatif n’ont cessé d’émerger, permettant aux utilisateurs de lancer des campagnes dans une multitude de domaines tels que le cinéma, les jeux-vidéos, le textile, etc..  Aujourd’hui, le crowdfunding s’impose comme l’un des modèles économiques phare du média digital.

 

Une alternative économique pour les entreprises

Dans un premier temps, le crowdfunding à surtout servi à financer des projets culturels. Ces dernières années, il s’est transformé en un véritable moyen d’accompagner le financement de certaines entreprises, devenant ainsi une alternative aux banques souvent réticentes face à certains projets de start-ups. L’exemple français le plus récent est celui de GenePred, cette jeune société marseillaise spécialisée dans la biotechnologie et le numérique a fait appel au crowdfunding via la plateforme Anaxago, spécialisée dans le financement participatif des start-ups. La campagne a été un succès puisque GenePred a réussi à lever 1,2 millions d’euro afin de financer le développement d’un algorithme destiné à prévenir certains cancers.

 

Un outil marketing à part entière

Le crowdfunding s’avère également être un véritable outil marketing. En lançant une campagne de financement auprès du public, l’entreprise peut déjà avoir une idée de la viabilité de son projet en fonction de l’engouement suscité et du nombre de contributeurs : le financement participatif fait alors office d’étude de marché. De plus, il crée une proximité et donc un engagement entre l’entreprise et le public, ce dernier se sentant impliqué dans le projet de par son investissement. L’utilisation des plateformes spécialisées offrent une visibilité non négligeable grâce à toutes les possibilités de référencement web et de partages sur les réseaux sociaux offertes par le média digital. Le crowdfunding participe inévitablement à la promotion du projet et permet donc de faire des économies en termes de publicité.

Les limites du crowdfunding

Il est important de bien analyser le marché afin de choisir les entreprises et les projets dans lesquels investir et ce pour plusieurs raisons. A partir du moment où le montant demandé par le porteur de projet est atteint, la campagne de financement est clôturée et l’argent lui est reversé. L’éventuel retour sur investissement dépend alors de la réussite du projet, et certains d’entre eux n’aboutiront jamais. Dans ce cas, les plateformes de crowdfunding sont très claires dans leurs conditions générales, seul le porteur de projet est en mesure de décider d’un remboursement. Au-delà de l’échec d’une campagne, il faut également prendre en considération les risques de fraude : des campagnes avec des contreparties alléchantes pour un versement dérisoire peuvent parfois s’avérer fatales pour les contributeurs. Fin 2014 la plateforme Indiegogo hébergeait le projet Ubutab, qui promettait une tablette avec un stockage jusqu’à 2 To pour seulement 245$. La collecte a abouti avec près de 28 000$ mais malheureusement, la créatrice a disparue avec l’argent et les contributeurs n’ont jamais été remboursés. Si le crowdfunding a révolutionné l’économie digitale et a permis à de nombreux projets de voir le jour, il convient tout de même de mesurer les risques qu’il comporte, comme tout modèle économique.