Un système financier fragilisé

En 2008 a eu lieu une importante crise financière à l’échelle mondiale. Si cette dernière n’a pas réellement changé les règles du système bancaire ni crée de réformes significatives, elle a cependant considérablement fragilisé la confiance des citoyens envers les banques. Cette crise a également engendré une précarisation de l’emploi dans le secteur bancaire et a poussé de nombreux traders et experts de la finance à se recycler et ainsi travailler sur des solutions alternatives. Il n’en fallait pas moins pour permettre au numérique, déjà présent dans de nombreux domaines, de s’immiscer dans ce secteur et entamer une digitalisation progressive d’un système jusqu’à présent très fermé et soumis à une réglementation très stricte. C’est ainsi que sont apparues les FinTechs, de nouvelles start-ups entièrement consacrées à la finance et prêtes à bousculer le monopole de ses acteurs historiques.

 

Un nouveau business-model

Les banques proposent aujourd’hui une multitude de services allant de la simple gestion de compte aux assurances pour tous types de biens. Les FinTechs vont se concentrer sur certains de ces aspects et les simplifier grâce à de nombreuses évolutions techniques pour assurer au client une expérience personnalisée et correspondant à ses besoins. Afin de financer un projet, une start-up comme Lending Club pourra vous mettre via une plateforme collaborative, d’être mis en relation avec des particuliers prêt à vous aider en vous prêtant de l’argent, moyennant un taux d’intérêt bien plus intéressant que celui des établissements bancaires classiques. Ce genre d’alternative connait un succès fulgurant ces derniers mois et l’on compte désormais près de 1400 FinTechs dans le monde pour 49,7 milliards de dollars investis dans ces start-ups entre 2010 et 2015.

Vers une cohabitation ?

Si les banques ont un temps ignoré le phénomène, elles ont rapidement dû se rendre à l’évidence et prendre au sérieux la montée en puissance des FinTechs. Elles réfléchissent désormais aux solutions pour digitaliser leurs offres et garder la main face à l’émergence de ces start-ups et la multitude d’offres disruptives qu’elles proposent. La meilleure option serait-t-elle la cohabitation entre les deux acteurs ? La concurrence exponentielle en matière de FinTechs fait exploser le cout d’acquisition pour ces jeunes start-ups et il n’est plus aussi simple de trouver des investisseurs. L’intérêt commun serait alors un partenariat afin d’allier la puissance financière et les larges bases clients des banques à l’innovation et au dynamisme des FinTechs. Ainsi, elles pourraient ensemble préparer la digitalisation du secteur financier, désormais inévitable.

 

Les GAFA en embuscade

Si l’on se dirige vers une alliance entre FinTechs et banques, c’est également pour faire face à d’autres concurrents beaucoup plus redoutables : Les GAFA. Cet acronyme désigne les quatres géants du numérique que sont Google, Apple, Facebook et Amazon. Ces derniers comptent faire usage de leur énorme force de frappe pour s’accaparer le marché de la finance. Elles n’hésitent pas à racheter des FinTechs pour tenter de couper l’herbe sous le pied des banques. Entre les systèmes de paiement sans contact, les portefeuilles électroniques et les transferts de fond entre particuliers, les GAFA ont déjà un pied dans le système bancaire et ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Leur gestion du big-data et leurs bases de données utilisateurs gigantesques peuvent leur permettre de concurrencer les banques en termes d’impact, quant à leur connaissance parfaite de l’écosystème digital elle n’a rien à envier à celle des start-ups. Cette bataille devrait en tout cas être bénéfique puisque ces 3 acteurs sont destinés à rivaliser pour proposer la meilleure expérience client possible et ainsi révolutionner durablement un système bancaire en pleine transformation digitale.